Interview Guillo : « l’idée était de sublimer la nostalgie » – LBCMusique

A l’occasion de la sortie de son titre Nous aimons la Terre, Guillo a accordé du temps pour répondre à nos questions.

A qui doit-on le nom de scène Guillo ? Que veut-il dire ?

 Guillo est tout simplement un diminutif de mon prénom, Guillaume. On peut m’appeler par l’un ou par l’autre, je réponds !

 

Tu as récemment sorti le titre  » Nous aimons la Terre « , un message portant l’alarme sur son état actuel. Peux-tu me dire les inspirations qui t’ont amenées à sa composition ?

 Cette chanson est prise pour un plaidoyer écologique. J’en suis ravi, car il fait référence à une phrase empruntée au romancier et poète américain Jim Harisson, qui a beaucoup écrit sur les peuples amérindiens, leur rapport à la nature et aussi leur souffrance historique.

 

Cependant, le texte de « Nous aimions la terre » relate en premier lieu le déracinement, à travers l’épisode tragique de la guerre d’indépendance en Algérie. Je suis issu d’une famille de pieds-noirs qui a dû quitter sa terre natale en 1962 pour venir s’installer en métropole. Je souhaitais rendre hommage à mes parents et mes grands-parents, qui ont vécu ces événements de façon très douloureuse. C’était aussi une façon de faire écho à toutes les migrations d’hier et d’aujourd’hui, directement liées à l’état de la terre.

 Comment s’est déroulé le projet, de sa composition au tournage du clip ?

 Ce titre a été créé à quatre mains, à la guitare. Benoit Crabos, qui a réalisé l’album avec moi et m’accompagne sur scène, en est le compositeur. Il a ensuite planché sur les arrangements : l’idée était de sublimer la nostalgie et le déchirement présent dans des paroles par une musique énergique et porteuse d’espoir. Une fois l’album enregistré, j’ai proposé à l’équipe de tournage de L’œil dans la boite un scénario basé sur une histoire d’amitié.

Guillo presse 1 (creÌ_dit photo L'oeil dans la boite)
Guillo (L’oeil dans la boite)

Le personnage principal cherche à ramener ses proches dans une maison pleine de souvenirs. Pour cela il utilise un caillou magique, qui lui permet de se téléporter n’importe où. Nous avons tourné ce clip en 2 jours et dans plusieurs lieux : le désert espagnol des Bardenas, la maison d’un ami dans les Landes, à Anglet sur la côte basque et enfin à Pau, devant un restaurant marocain.

Ce titre sert d’introduction à ton prochain album Macadam Animal : à quoi pourrait-on s’attendre sur le plan musical ? Suit-il la lignée de ton premier album ?

 Il y a une énergie différente sur cet album. Les textes sont dans la lignée de mes deux albums précédents, le lien à la famille, la nature et l’état du monde sont toujours très présents. Mais cette fois, je dirais que l’électronique vient se mélanger à l’organique, et amène un peu plus de modernité à mes chansons. Ma voix a été traitée différemment, sur certains morceaux, avec l’apport de quelques effets et un mix pop-rock plus affirmé qu’auparavant.

Aura-t-on des clips qui accompagneront tes chansons ?

 Je l’espère et j’y travaille. On a déjà fourni beaucoup d’énergie avec les teasers et le clip de Nous aimions la terre, mais on réfléchit à d’autres projets : pas question de s’arrêter en si bon chemin ! J’ai aussi envie de proposer des vidéos live : ce sera le cas avant la fin de l’année, à l’occasion d’un concert avec l’orchestre symphonique du conservatoire de Dax, en novembre prochain. On filmera en multi-caméras.

A quels événements pourra-t-on te retrouver ?

 J’ai la chance d’avoir déjà une belle tournée en perspective. Les dates sont sur le site officiel. Je jouerai en solo ou trio, en fonction des lieux. Nous avons déjà fait une première sortie de résidence au Pays-Basque pour travailler la setlist et le son à trois. La prochaine échéance est une seconde résidence à L’Atrium de Dax pour caler la scénographie et les lumières.

 

 

Nous serons heureux de présenter ce spectacle au festival Chantons sous les pins le 8 mars, jour de la sortie digitale de Macadam Animal. Nous serons également présents à Luxey pour le festival Musicalarue sur un plateau, puis à La Rochelle, Nantes, Toulouse, Orthez, Châteaurenard, Bordeaux, sans oublier un petit tour de l’autre côté de l’océan au mois d’août, à St Pierre et Miquelon pour le festival  » Transboréales ». Là-bas j’aurai le plaisir de croiser Yan Tiersen, Sanseverino ou Piers Faccini, des artistes que j’aime beaucoup.

Avant de se quitter, comment pourrait-on décrire Guillo en un seul mot ?

 Humaniste.