Interview Fox Nigon : « Ma vie d’aujourd’hui est déjà une seconde chance » – LBCMusique

Touchée par la musicalité de l’artiste, Fox Nigon m’a accordé du temps pour répondre aux questions du site. On y découvre un homme qui a osé laisser son ancienne vie pour se consacrer à la musique. Au fil de la discussion, on constate la détermination, de la passion : on découvre un homme heureux de faire ses activités. Je tenais à le remercier de l’attention portée à LBCMusique

Peut-on savoir la signification de votre nom de scène ; Fox Nigon?

Il y a eu une rupture nette entre ce que j’appelle  ‘mon ancienne vie’, avant de monter sur scène, et ma vie d’auteur-compositeur-interprète. Ma vie d’avant, d’entrepreneur, d’homme d’affaires, était très matérialiste, cartésienne, et correspondait parfaitement à l’enseignement que m’avais transmis mon Père. Dans la famille, la bohème, l’artiste, c’était plutôt ma Mère.

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Fox Nigon

Je n’ai rien inventé, juste utilisé son nom de jeune fille, Nigon, ce qui illustrait bien la différence entre mes deux personnalités, issues d’un Père et d’une Mère très différents.
Fox est le surnom que des amis m’ont donné il y a bien longtemps, à mon retour des Etats-Unis, juste parce que c’est ce que je glissais à la fin de chaque phrase, comme certains disent put… ou c… !
J’ai juste rassemblé les deux.

En parcourant votre musicalité, on ressent un sentiment de liberté, de vouloir se battre pour faire valoir les droits : quelles ont été vos inspirations avec le titre J’ai pas peur ?

J’ai mis plus de 3 ans à écrire l’album « être ET renaître ». C’est une véritable introspection, où je livre ma nouvelle vision de la vie, celle d’un homme reconstruit.
Il y a 10 ans, j’ai fait un AVC, perdu l’usage de la parole, mon Entreprise, ma vie sociale… mon ancienne vie !
J’ai mis du temps à me rétablir, mais aujourd’hui je reparle, et je chante ; je ne pense pas que ma voix m’amènera à « The voice », mais elle me permet au moins de délivrer mes textes, sur mes musiques. C’est un privilège dont on n’a conscience qu’en ayant survécu à ces épreuves.

Du coup, le parcours devient plus clair pour déchiffrer mes chansons, où l’on peut dérouler le fil de ma vie, le point d’orgue, « Ma mort », des rappels au passé comme « Motus » ou « Les paradis perdus », une certaine vision du monde comme dans « La petite Marie à Paris », « Révolution » ou « Ma réalité », et enfin, mon état d’esprit, à travers « Laissez-moi chanter », « L’animal qui est en moi », « Je veux changer » ou « J’ai pas peur ».

Contrairement à beaucoup, j’écris d’abord mes textes, surtout la nuit, quand je me réveille au milieu d’un joli rêve ou d’un horrible cauchemar (ou devrais-je dire d’un horrible rêve ou d’un joli cauchemar ?) Cela part donc souvent d’une émotion forte, intime, qui m’inspire une réflexion personnelle, lue à travers le filtre de mes expériences…
J’y ajoute une dose de second degré (des fois trois ou quatre degrés de plus, comme dans « Motus », par exemple…) ; je ne sais pas si c’est de la pudeur, de la timidité, ou bien un besoin systématique de complexifier les choses, d’embrouiller… Du coup, si mon message s’impose, il laisse la place à chacun pour sa libre interprétation.

Je compose la musique plus tard, quand je suis content de mon texte. C’est sans doute ce processus de création qui fait qu’il y a cette diversité de styles musicaux qui cohabitent dans le même album. Même si l’influence rock reste la base, je pars là où je veux, avec du reggae, de la country, du jazz…

Pour revenir au titre « J’ai pas peur » : on dit qu’au moment de sa mort, on revoit défiler toute sa vie… C’est un peu avec cette idée que j’ai construit cette chanson, en m’appuyant sur des images personnelles, que chacun peut s’approprier ou interpréter, tout en finissant par la conclusion : mon âme refuse d’accepter son sort !
Le message est simple : j’ai pas peur, la meilleure manière d’aborder la vie.
Pour la musique, j’ai eu envie d’en faire une ballade un peu folk. Je suis parti sur un strum de guitare, et la chanson était là. Le reste, c’est de l’arrangement.

Au final, vous n’avez pas peur de quoi, précisément ?

De ce que la vie me réserve… Je dis souvent à ceux qui pensent que ‘c’est l’argent qui gouverne le monde’ : « non, c’est la peur qui gouverne le monde ».
Le monde a peur de la mort, de la maladie, de la guerre, du terrorisme, du chômage, de la faillite, de perdre son argent, son logement, sa voiture, son téléphone, ou pire, son abonnement à internet… C’est cette peur qui les rend docile, servile, faible, malheureux.
Je me suis libéré de ces peurs en réalisant que l’on pouvait tout reconstruire, et comme pour moi, ma vie aujourd’hui est déjà une seconde chance, du ‘rab’, je suis serein.

 

A quelle occasion pourra-t-on vous retrouver ?

Je n’ai pas encore de nouvelles dates publiques à communiquer, la sortie du nouvel album est la priorité.

 

Au niveau des projets, pourrait-on s’attendre à de prochains titres ? Si oui, à quoi pourrait-on se préparer ?

OUI. J’ai enregistré l’été dernier un second album, en Anglais, à Liverpool, où je suis allé pour nager dans l’esprit de Joe Cocker, des Beatles, …
Peu après, le producteur Matt Butler m’a contacté pour réenregistrer un des titres ; ça ne se refuse pas !
Du coup, on a juste sorti un ‘double single’ avec « God lives in hell » et « The clown », pour satisfaire tous ceux qui me pressaient de leur montrer ‘ce que j’étais allé faire là-bas’.
On a donc réenregistré le morceau « The game is over », un clip est en cours de tournage, et la sortie officielle est prévue pour le 29 mars.
Ensuite, il restera 7 autres titres à découvrir, mais maintenant, je suis bien accompagné.

 

Avant de se quitter, nous rencontrons souvent des personnes souhaitant travailler dans le domaine musical. Auriez-vous quelques mots, conseils à leur apporter ?

Préparez-vous à de grandes émotions, la rencontre avec le public, la naissance d’un nouveau morceau, le partage entre musiciens, que du bonheur…

  1. …mais aussi la galère pour produire sa musique, les critiques qui font mal (pardon Andie, mais il y en a…), les jaloux qui font encore plus mal (surtout quand avant, ils étaient vos amis…)…
    Alors je donnerai que deux conseils :
    Pas peur ! Foncez ! Allez jusqu’au bout ! Soyez vous-même, c’est tout ce qui compte, et comme dans la vie, il y aura ceux qui vous aiment, et ceux qui ne vous aiment pas. Vous savez donc pour qui vous faites ce que vous faites.

 

  1. Entourez-vous bien. C’est tellement plus agréable, et tellement plus facile quand on n’est pas tout seul…