[Interview] Ali Danel : « Notre planète est le socle sur lequel tout le reste est possible. » – LBCMusique

  A la suite de notre chronique sur l’artiste, Ali Daniel nous a consacré du temps pour répondre aux questions du site : aux influences folk et country, il associe différents courants artistiques pour combler ses projets.

LBCMusique-Nous vous découvrons avec le clip Les Déboires, où l’on se plonge facilement dans l’ambiance de fête en Martinique : la couleur est annoncée, on se questionne sur différents stratagèmes de drague, le tout en subtilité. Avec Cl3mson, qu’avez-vous souhaité apporter avec ce titre ?

Les Déboires, c’est vraiment de la rigolade entre frangins. Il n’y a pas de calcul ni de stratégie dans le processus de création. J’ai débarqué chez mon frère Cl3mson pour la première fois en Martinique, il avait quelques grilles au piano dont il ne savait pas trop quoi faire, et dans l’ambiance ça m’a inspiré pour l’écriture.

 

La phrase clé, c’est certainement « ce sont elles qui choisissent » ; l’idée n’était pas de surfer avec le féminisme, mais de dire ce qu’on pense vraiment ; on est peu de chose quand on voit une femme, avec toute son élégance, et son pouvoir d’accepter le jeu de la drague ou de nous envoyer balader.

LBCMusique-Comme Stromae le dit bien : « quand il y en n’a plus, il y en a encore ». Après Les Déboires, vous revoilà avec Les Navires d’eau : est-ce un appel à l’admiration de la nature ?

Oui, en effet, c’est mon côté Guide Nature qui ressort. Les questions environnementales sont celles qui m’ont toujours le plus préoccupées. Ce n’est pas que les autres causes me désintéressent, bien au contraire, mais notre planète est le socle sur lequel tout le reste est possible, et sans lequel tout pourrait disparaître.

 

 

 

En Martinique, malgré les ravages du chlordécone, le paysage est toujours très enthousiasmant, surtout pour un européen fraîchement débarqué. La musique a justement ce pouvoir de susciter beaucoup d’enthousiasme, alors je n’étais pas d’humeur alarmiste !

LBCMusique-Ce qui est intéressant, sur les deux projets, c’est d’entendre différentes ambiances que vous formez : est-ce dans vos habitudes, de sortir de vos influences principalement folk voire country ?

Je suis né à une époque où tous les styles musicaux cohabitent. Forcément, j’ai été influencé par de nombreux types de musiques, bien que mon cœur balance davantage vers la folk nord-américaine et les musiques de films ; ce à quoi j’ai été exposé très tôt. Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas quelqu’un de calculateur, je fonctionne à l’envie avec spontanéité. Je me sens vraiment artiste au fond ; ce que je fais naît d’un besoin intérieur de partager ce qui bouillonne en moi. Le fait de travailler en solo et non en groupe me permet de me prêter aux jeux de différentes esthétiques musicales, avec mon approche, mon écriture, ma voix et surtout ma sincérité.

LBCMusique-On constate un formidable rendu visuel, signé Laurène Graux : qu’est-ce qui vous a principalement touché dans son travail ? Trouvez-vous important d’illustrer vos mots avec un rendu visuel ?

Laurène est la compagne de Cl3mson, alors vu la qualité de son travail, c’était tout naturel de travailler avec elle. C’était l’occasion de rigoler encore avec ces chansons, surtout pour Les Déboires, je vous laisse imaginer comme on s’est amusés… et l’occasion également de faire travailler Laurène qui affinait sa technique vidéo qui a atteint un stade professionnel. Encore une fois, c’était surtout l’occasion de rigoler et de partager la beauté d’une île singulière.

LBCMusique-Votre timbre semble coller à celui de Joe Dassin. Un de ses titres vous tient-il particulièrement à cœur et pourquoi ?

En effet, Joe Dassin est ma première référence ; l’un des seuls chanteurs dont on avait le disque dans la voiture pour les vacances d’été, avec les deux frangins et les parents. Je me suis approprié une des ses chansons qui me parle particulièrement : On s’en va (je recommande la version live à l’Olympia).

 

 

 Elle est peu connue, pour cause c’est l’une des moins « variétoche ». Elle a un côté country épique, et finalement c’est ce que j’aime le plus dans la musique. On remarque qu’il a bien bossé le banjo sur l’intro.

LBCMusique-Vous allez participer à la prochaine édition du Crossroads Festival : qu’est-ce que vous ressentez, rien qu’à l’idée d’y penser ?

Le Crossroads va être l’occasion de passer de très bons moments, car je m’y suis déjà bien amusé en tant que spectateur les années précédentes. C’est aussi l’occasion de revoir des têtes de ma jeunesse ; j’ai étudié à Lille pendant 3 ans, mais aussi de m’affirmer comme un nouvel incontournable de la folk française vis-à-vis des professionnels. Après tout, si je vous réponds depuis le Québec où je suis en tournée, c’est que ma musique mérite peut-être qu’on y jette une oreille ?

LBCMusique-Auriez-vous un dernier mot avant de se quitter ?

 

Je vais sortir un nouvel album peu après la rentrée de septembre : Sur mon île. Celui-ci sera principalement centré sur des thématiques environnementales, avec une bonne d’ose d’ironie et de métissages musicaux. Cl3mson a participé avec ses congas, bongos et trompettes enflammées !