[Exclu] [Entrevue] INDIGO : « Cet EP est un échantillon de ce qui arrivera plus tard ! »

Indigo, c’est un trio pop-rock influencé par les 90s mais résolument ancré dans son époque tel un Real Estate, Kings of Leon ou autre The War on Drugs. Le groupe s’articule autour de la sensibilité ensoleillée des compositions de Tristan Gauthier et du bass/batt tenu par les amis de longue date Alexis Rimbault et Noé Russeil. On ne peut qu’adorer leur dernier clip « Like a Seed in the Sand », qui nous a valu une entrevue faite maison. Focus musical.

A qui doit-on votre nom de scène ?

Tristan: « Alors en fait, j’ai trouvé le nom un soir où je me suis perdu sur Google en faisant des recherches sur le fait de, tenez-vous bien, se sentir un peu comme extra-terrestre au milieu des humains.. tout un programme, je sais! (rires) Non mais vraiment, j’ai toujours eu ce ressenti de ne pas vraiment être en phase avec le monde qui m’entoure, la société, le système scolaire, le monde du travail, les codes des relations humaines etc un ressenti qui n’a franchement pas toujours été facile facile à gérer, et donc, en faisant ces recherches je suis tombé sur le mouvement dit « indigo ».

Tristan (c) A.Wollenweber

Alors attention, c’est un terme à prendre avec des pincettes car c’est un mouvement qui a eu quelques dérives étranges, limites sectaires, ce à quoi je n’adhère absolument pas hein, mais les personnes dîtes « indigos » regroupent donc des personnes hypersensibles, emphatiques, créatives, avec un lien très fort à la nature, les animaux, la spiritualité etc et je me suis dit « wow c’est tout moi ça! » (rires). Alors sans me considérer comme une personne « indigo » à proprement parler ça m’a rassuré dans le fait de ne pas me sentir seul avec ce sentiment et j’ai trouvé le mot très beau, accrocheur avec ses 3 syllabes simples et en plus de tout ça c’est une couleur que j’ai toujours trouvé magnifique alors je me suis dit, allez, voilà notre nom de groupe! »

Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quel a été l’élément déclencheur qui vous a permis de former un groupe ?

Tristan: «Et bien à la base, je marchais avec regret en solo parce que c’est assez difficile de monter un groupe qui roule de manière saine. Le problème principal étant les f****** problèmes d’egos. Un vrai calvaire à gérer. Ensuite, il faut trouver des musiciens ponctuels, réactifs, bons dans leurs instruments évidemment mais aussi et surtout avec qui ça colle humainement! J’y croyais plus vraiment quand finalement, par le biais d’une amie en commun, j’ai rencontré mister Alexis Rimbault, batteur du groupe pop Colours in the Street. Il quittait Niort pour Paris et cherchait à jouer et taffer et il se trouve qu’il a trouvé les deux avec moi! (rires) Il a rejoint l’équipe de profs de mon école de musique (La Rock School de Paris) en tant que prof de batterie et donc par la même occasion mon projet de groupe! Le feeling musical et humain a matché dès la première répèt et, après une mauvaise expérience avec un premier bassiste, il a proposé à son pote Noé Russeil (Colours in the Street, Ysé Sauvage) de nous rejoindre et le groupe est né. Honnêtement je n’ai jamais eu un projet aussi fluide, on alterne entre travail super efficace et fous rires et chacun y trouve son compte en proposant ses idées de manière démocratique. Si ça plaît tout le monde est content et si ça ne plaît pas personne ne se vexe bêtement.

On vous découvre avec Like a Seed in the Sand. Pouvez-vous nous présenter les éléments qui vous ont inspirés ?

Tristan: «J’ai écrit une première ébauche de cette chanson il y quelques années quand je sortais mon premier EP « The Sunny Side of the Street » sous mon propre nom Tristan Gauthier. A ce moment-là pas mal de choses bougeaient pour moi artistiquement et professionnellement, mais pas de quoi s’enflammer non plus hein, et, à ma malheureuse surprise, ça n’a pas plu à une poignée de personnes visiblement très aigries autour de moi. Des personnes parfois très proches.

Ça a été un vrai coup dur pour moi et, alors que j’étais dans l’avion pour aller donner un concert à Tunis, une fois les nuages dépassés et le bleu du ciel atteint, j’ai repris le sourire et symboliquement de la hauteur, de la distance envers ces comportements et les paroles du premier couplet me sont venues: « So here I am in the sky, the shining sun dry my eyes, your cruel words, they cannot fly » (Que l’on peut traduire par: « Me voici maintenant dans le ciel où le soleil étincellant sèche mes larmes et jusqu’où vos mots cruels ne peuvent voler »). Plus tard quand j’ai retravaillé la chanson et le reste des paroles, après avoir perdu temps et énergie à tenter d’instaurer un dialogue constructif avec ces personnes j’ai compris qu’il n’y allait rien avoir à en tirer. L’image de planter inutilement une graine dans le sable où rien ne pousse m’est alors venue comme une métaphore à cette situation. En gros, c’est un équivalent de « c’est comme pisser dans un violon » en plus poétique quoi! (rires).

Comme cette impression d’être motivés, boostés d’énergie dans votre univers : est-ce ce que vous souhaitez mettre en avant ?

Tristan: «Alors ça c’est sûr de l’énergie on en a à bloc! La musique est notre grande passion, notre quotidien, notre vie et on donne tout pour avancer là-dedans sans jamais rien lâcher. Ce n’est pas quelque chose que nous mettons en avant consciemment mais le fait que l’on soit super investit doit se ressentir un peu en face en effet.

Noé (c) Jinny Park

De toute façon en musique et en art en général ou même dans tout projet que tu entreprends, il faut travailler à fond si tu veux du résultat, on viendra pas toquer un beau jour à la porte de notre studio de répèt pour nous faire signer un contrat ou nous proposer de jouer à l’Olympia! (rires)»

Malgré le confinement, comment prévoyez-vous de mettre en avant votre parcours ?

Tristan: «Ahlala tu sais on a sorti notre clip le jour du premier discours du président.. après avoir dû louer et acheter à pied tous les accessoires du clip sous la flotte à cause de la grève des transports à Paris.. le destin nous complique bien les choses cette année! Mais tout est là et prêt à être diffusé alors on ne se laisse pas abattre et on partage et communique sur notre projet! C’est d’ailleurs le thème du clip de « Like a Seed in the Sand » où Alexis et Noé me maltraitent en me crachant de la fumée de cigarette au visage, en me donnant des coups etc et je continue à fixer la caméra tout en chantant le texte jusqu’au bout.

Alexis

Donc oui on a sorti le clip, le single et on va sortir l’EP le 12 avril, jour où on devait faire notre premier concert au Supersonic à Paris. Concert annulé bien évidemment. On a pensé repousser sa sortie mais en fait cet EP sera le premier volet de trois EPs destinés à être regroupés pour former un seul et même album. On enregistrera le second cet été puis le troisième dans l’hiver donc notre promo va se faire en continue sur plusieurs mois et ce n’est finalement pas si gênant. »

Avant de terminer l’entrevue, auriez-vous un dernier mot à partager ?

Tristan: «Lavez-vous les mains & sortez masqués! Peace»